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I am Helmi Maria Holzheuer At the moment I am living in Niamey - Niger but I am calling Australia home. I work as a free lance travel writer.

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Sunday, 25 November 2007
Excursion sur le fleuve Niger.

Texte de Helmi Holzheuer
Traduction de l’anglais par Dominique Delagneau.

 

1ére partie.

 

Voyager en Afrique de l’Ouest peut être tranquille tant qu’il n’y a pas de risque.

Cela demande, des nerfs, du matériel et un peu d’organisation pour explorer la zone sub-sahélienne du Niger après la capitale, Niamey.

A partir du moment, ou vous quitter la zone relativement confortable de la ville, pour un tour sur le fleuve, il ne faut plus compter sur aucun médecin, aucune pharmacie, aucun garage ou commerces et même plus d’eau potable.

Jean-Claude Berrouet, français d’origine, qui a fait de Niamey son havre de retraite, est vraiment l’homme idéal pour organiser un « safari rivière-parc du W ».

En cela, j’ai vraiment été chanceuse d’entendre parler des excursions de Jean-Claude sur la rivière, car il ne fait pas de publicité, ni à Niamey ni ailleurs. Le « bouches à oreilles » fonctionne, ici en Afrique, miraculeusement bien. Tout est parti d’un message téléphonique d’un ami, me demandant  si je voulais me joindre à un duo de touristes partant pour deux jours de pirogue sur le Niger, jusqu’au Parc National du W. 

Comme vous pouvez vous y attendre, j’ai sauté sur l’opportunité, j’ai juste lu quelques articles intéressants de Joost Brower, scientifique et fondateur de la base de données sur les oiseaux au Niger. (www.birdlife.org.uk).

Plus particulièrement des articles de Brower dans le guide touristique « Bradt » (le premier guide en anglais sur le Niger paru en 2006) relatifs à la vie des oiseaux au Niger a retenu toute mon attention.

Ses connaissances sur la biodiversité du Niger, agriculture et les conséquences pour l’environnement ont aiguisé mon appétit pour une aventure qui promettait des campements en pleine nature, l’exploration de villages, et plus important encore, l’observation et la découverte d’une vie animale riche et variée sur l’unique territoire qui s’étend le long du fleuve Niger.

 

 

(Photo D. Delagneau)

Moussa …..au sourire charmeur


« Une embarcation faite de planches incurvées… et un toit de paille pour nous protéger de l’ardent soleil du Niger »

Aussi mal préparée, juste quelques affaires pour cette expédition, je me suis retrouvée ce vendredi matin à 07 heures au milieu d’une obscure plantation de manguiers à embarquer joyeusement à bord d’une large pirogue. 

Notre groupe sur le vaisseau était varié et coloré. Bien sur il y avait notre guide, Jean-Claude, un homme d’un grand charme, plein de ressource et expert en toutes choses de la vie du fleuve, mes autres compagnons de voyage, Dominique Delagneau qui travaille à Niamey  et un de ses amis Hauke un jeune allemand.

Nous, étrangers, « les blancs » comme nous sommes dénommés ici, nous étions suppléés par l’équipage local : Moussa, un jeune homme aux multiples talents et le pilote du bateau. Les deux hommes, enfants du pays l’un jeune, l’autre plus âgé certainement nés le long du fleuve.

 

Notre pirogue, une large embarcation faite de planches incurvées était équipée de matelas et de confortables coussins. Chaque espace disponible derrière nos « lits de jours » était occupé par les provisions utiles aux repas des deux prochains jours. Un toit de bambou nous protégeait contre les ardents rayons du soleil nigérien.

 

Peu de temps après avoir quitté la rive de la mangerai, nous passons une ile près du pont Kennedy à Niamey, où dans le passé les crocodiles étaient adorés

Moussa nous sert alors de petits verres d’un thé fumant. « Vous voulez du thé Madame ? Le premier est amer comme la mort, le second dur comme la vie, le troisième sucré comme l’amour » dit il avec son sourire charmeur.
 

Par instants, des images me replongent dans le passé, au temps des véritables explorateurs de l’Afrique. Je pense à Stanley et au Dr Livingstone qui eux-mêmes ne se sont pas dépensés plus physiquement

A moitié couché sur nos coussins, nous pouvons observer de façon idéale les activités sur et le long des bords du fleuve : les pêcheurs à bord de petites pirogues exerçant leur activité, des jardiniers arrosant leurs légumes, hommes et femmes lavant leurs linges et des enfants jouant ou pataugeant  dans l’eau fraiche. 

Nous croisons de larges embarcations commerciales débordantes de potirons  de toutes tailles et de toutes formes, leurs jaunes peaux lisses reluisent  dans la lumière du petit matin. Elles glissent vers quelques marchés.

A bonne allure, notre pirogue file dans le courant. Nous passons la rayonnante résidence blanche du président, la corniche Gamkalley, nous y avons quasiment trouvé une maison d’où nous pouvons apercevoir la rivière. Je fais des signes d’au revoir au « Grand Hôtel du Niger » et bientôt nous laissons la civilisation derrière nous.

 

 

 

2éme partie.

 

Je connais des dames qui auraient préféré prendre le risque de désagrément pour elles mêmes, plutôt que de demander un arrêt toilette. Jean-Claude a anticipé nos besoins.

Nous étions maintenant au milieu de la matinée quand il a demandé à notre pilote de gagner le rivage. Nous stoppons dans un endroit magique.

J’en oublierai presque mon souhait de retrouver l’intimité de ma salle de bains du Grand Hôtel, devant cette vue merveilleuse qui s’offre à mes yeux. Des nénuphars miroitent dans la brume et la chaleur d’un magnifique ciel bleu. 

J’ai soudainement ressenti une forte chaleur, mais dans ce climat sec du Niger, la sueur s’évapore avant même d’avoir atteint les pores de la peau.

Alors que je partais  prendre « la position du yoga », à l’égard de toute vue, derrière le tronc d’un  épineux acacia, un groupe d’aigrettes blanches se posa juste à ma droite. 

Des oiseaux d’eau de toutes sortes, des plumiers, des martins-pécheurs, des hérons, sont posés sur cette verte prairie attirante et se rassasient des millions d’insectes qui y pullulent. Mes compagnons sont affairés à prendre des phots avec leurs  appareils numériques.

De rouge et luisantes libellules tourbillonnent au dessus de ce monde aquatique, si nombreux, que  j’ai du mal à choisir la meilleure photo à prendre.

 

 

« Hauke et Dominique, mes compagnons de voyage »

 

« C’est l’Afrique que j’aime » soupire Dominique, nous partageons tous son émotion.

Peu après, à contre cœur, nous quittons ce paradis pour poursuivre notre périple en direction de Say. C’est ici dans cette ville-marché que ce termine « le goudron » venu de Niamey.
 

Immédiatement après notre arrivée au débarcadère de Say nous sommes encerclés par une bande de gamins à moitié nus, vêtus de haillons. De petits enfants, le visage barrés de morve mendient ce que nous avons à offrir ; leurs voix stridentes résonnent autour de nous « Cadeau !, cadeau ! »


 

« Non,  la vielle « Peugeot » ne traversera pas le fleuve !! »
 

A coté de notre pirogue une douzaine de jeunes hommes, leur peau reluisant dans la rude lumière du soleil, essaient de charger une lourde et vielle 404 à plateau sur une barge. Il est clair qu’aucun d’eux n’a la moindre idée de la façon de s’y prendre. Après quelques essais, saisissant le véhicule par les montants au risque pour quelques uns de se faire éventrer, ils semblent convenir que le véhicule est trop lourd pour être monté sur la barge.

Mes compagnons n’en croient pas leurs yeux. Malheureusement nous sommes pressés.je serais bien surprise si d’une façon ou d’une autre ils y arrivent aujourd’hui.

 

 

3éme partie.

 

Se détacher d’un monde anglophone pour s’assimiler à un monde de culture française ne se fait pas en un jour. Parfois, j’ai du mal à suivre les connaissances encyclopédiques de Jean-Claude sur les multitudes tribulations de la vie et du commerce le long de ce fleuve admirable. Juste à propos Dominique parle couramment allemand.

« Bon…… » Je pensais et souriais à Jean-Claude pour notre prochain arrêt.

C’était l’heure du déjeuner et nous avons droit à un rafraichissant verre de fine pastis  à bord.

Moussa et notre pilote ont déchargé table, chaises, nappe, verres et couverts. Nous étions prêts pour le déjeuner, et en plus,  dans le plus pur style français.
 

Notre lieu de pique-nique était un endroit idyllique et la scène magique, l’endroit est ceinturé par d’épineux et verts d’acacias avec leurs plumets de feuilles vert sombre et les immenses « pieds de chameau » pleins de gousses sèches. Des amarantes et des merles métalliques à longue queue  virevoltent partout dans les buissons environnants.

Derrière nous des roches de latérites rouges nous masquent les champs de mil.. Plusieurs énormes baobabs s’élèvent magistralement sur la crête des rochers et leurs larges branches et leurs fruits se découpent dans sur le gris du ciel.

Le thermomètre doit indiquer plus de 35°, mais à l’ombre des grands arbres à coté de la rivière,  il fait délicieusement frais, et il n’y a aucun moustique.

 

 

Les villages.

 

1ére partie.


Après le déjeuner nous continuons la descente du courant, notre pilote, savamment, recherche les eaux les plus profonds en évitant les perfides turbulences. Aussi loin que je puisse voir sur les rives, je constate la sévère dégradation causée par l’exploitation rurale des populations et les grands troupeaux des éleveurs de zébus, d’ânes, de chèvres et de chameaux. 


Bon, maintenant nous avons parcouru peut être, 60 ou 80 kms depuis Niamey. Kilomètre après kilomètre cette étroite bande de terre fertile s’étend de façon continue jusqu’à l’horizon.
Comme des mirages, de pittoresques images défilent et disparaissent devant mes yeux, des huttes de paille et de terre séchée, des hordes d’enfants courant en rangs serrés, de larges pinasses, les grands frères des pirogues, pleines de marchandises de toutes sortes et de nombreuses familles à bord, de passionnantes variétés d’oiseaux , d’arbres et d’arbrisseaux. Chaque courbe de la rivière, s’ouvre sur d’étonnants paysages, ombrés de jaunes pales, de verts et d’ocres.
 

Notre prochaine étape est un petit village sur une île, et le monde change d’un coup! Je me sens comme un voyageur du temps qui aurait fait un saut en arrière. Une horde d’enfants sales, parmi eux, un « titi » local se détache du lot avec son blouson fourré rouge, il nous salue avec le plus grand enthousiasme.

Des gamines sales nous encerclent, deux d’entre elles portent de minuscules bébés. Les visages de quelques jeunes filles sont scarifiés  des signes traditionnels tribaux, leurs chevelures sont étroitement tressées sur le crâne. Bien qu’elles vivent au bord de la rivière, nombre d’entre elles n’ont pas pris de bain depuis longtemps. Elles sont d’une saleté qui dépasse mon niveau de tolérance. 

Cette nichée crasseuse s’agrippe à nos mains et nous guide à travers leur village. Leurs demeures se regroupent en un bouquet de cabanes de terre rectangulaires, comme des dés à jouer jetés au hasard sur cette île. Au milieu de ces cabanes gisent des marmites noircies, quelques poussins grattent la poussière, et de nombreuses chèvres grignotent quelques tiges desséchées.  Un petit garçon, d’environ deux ans,  racle avidement au fond d’un pot noirci, un reste de bouillie de mil. 

Le village apparaît comme hors du temps et la vie semble austère.

« C’est un village temporaire. Les gens viennent ici quand l’eau manque dans leur village plus loin dans les terres » explique Jean-Claude. Aussi, je remarque « mais regarde ces enfants, alors qu’ils peuvent avoir l’eau à la rivière ! Ces bébés sont à moitié morts et certains de ces enfants montrent des signes de malnutrition et quelques uns d’entre eux semblent malades… 

Jean-Claude secoure les épaules. « Ils n’ont pas assez de combustible pour faire bouillir l’eau, pas assez d’argent pour acheter du lait en poudre pour nourrir les bébés » « Ces bébés seront morts la semaine prochaine ! » dit Moussa qui a traduit nos échanges. 

Choqués oui nous l’étions, mais cela, l’a toujours été en Afrique. Dans ce pays musulman, la polygamie est la règle. La plupart des hommes prennent quatre épouses et la plupart des femmes au Niger ont une moyenne de huit enfants. Avec de si nombreuses bouches à nourrir, chaque année connaît une période de disette quand les stocks de mil sont épuisés ; et les enfants sont les derniers à être nourris. Ils savent bien qu’un enfant peut être remplacé par un autre l’année suivante. Si cela ces mots peuvent raisonner de façon oppressante et décourageante, c’est bien la réalité ! 

Il n’y a réellement rien que nous puissions faire pour les aider. Il n’y a même pas un  seul docteur ou une unité pédiatrique tout du long de la rivière. Aucun de ces miséreux n’a même l’intention de se rendre  à Niamey si proche où il n’aurait même pas les moyens de payer le traitement pour leurs bébés mourant. 

La visite de ce village a été la plus difficile épreuve de ce voyage pour nous tous.

posted by: Lewana at 18:01 | link | comments (1) |
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